Cette page utilise le Le Viable System Model (VSM) pour proposer une analyse des sociétés industrielles modernes et pointer du doigt leurs limites. Cette analyse est fournie à titre informatif et ne fait pas partie des activités facilitées proposées aux participants.
Décomposition des sous-systèmes
- S1 : l’ensemble des éléments qui composent la société : citoyens, entreprises et associations, ministères et leurs représentations locales. Rien à dire a priori à ce niveau
- S2 : remontée des informations vers les niveaux récursifs supérieurs. Rien à dire à ce niveau
- S3 : management des systèmes de niveau inférieurs. Rien à dire à ce niveau
- S3* : audit inopiné des éléments de niveau récursif inférieurs: à ce jour, les seuls éléments d’inspection inopinés sont généralement relatifs aux impôts et au système judiciaire. Donc les seuls éléments susceptibles d’être contrôlés sont ceux relatifs à l’argent de l’état ou à la préservation des intérêts (personnels ou entreprises).
- S4 : surveillance des évolutions futures prévues: la crise climatique commence à être prise en compte (de part les annonces des scientifiques et du GIEC, quelques autres aspects écologiques égalements (biodiversité par exemple)). Sinon, on retombe sur les éléments relatifs au commerce (et au travail, corrélé). Si l’on suppose que les médias reflètent les préoccupations du système, on constate que rien ne concerne les limites planétaires (notamment la fin des ressources abiotiques, l’épuisement des sols...)
- S5 : ethos: la pensée supérieure qui dirige les actions du système*. À voir les éléments précédents, on se rend bien compte que l’essentiel des intérêts des états tourne autour du maintien du status quo financier et des règles établies (la loi) relatives à la préservation des intérêts individuels et collectifs. D’un point de vue Spirale Dynamique (SD) on a un exemple typique de niveau Orange.*
Canaux de communication
- Canal I : descente des ordres: en cohérence avec S3 et S5, ceux-ci sont généralement relatifs aux aspects financiers et légaux.
- Canal II : remontée des demandes de ressources et de négociation de moyens : si certains éléments peuvent remonter (demande d’associations de protection en matière écologique), il faut bien admettre qu’elles sont rarement entendues, sauf dans les cas où il est possible de faire valoir le droit.
- Canal III : interactions entre les différents sous-systèmes : encore une fois, les différents échanges se limitent généralement à des aspects financiers et légaux, rarement à des considérations écologiques entre domaines différents.
- Canal IV : échanges au sein de l’environnement du système : rien à dire : on observe des échanges nouveaux (mouvements de la Transition, engouement pour la permaculture et l’agriculture biologique, essort des tiny houses*, mouvements d’échanges libres entre personnes, monnaies complémentaires) visant à s’émanciper du système dominant mais pour autant, ce système ne semble pas prendre acte de l’ampleur de ces envies de changement hormis pour renforcer son contrôle (ce qui ne fait que renforcer la tendance à l’émergence de ces mouvements alternatifs).*
- Canal V : informations de coordination remontées à S3 : là aussi, les seules informations sont généralement relatives aux budgets, finances et projets spécifiques.
- Canal VI : canal d’audit impromptu : en accord avec les autres systèmes, il reflète leurs préoccupations principales : finance et aspects légaux.
- Canal algédonique : on a bien des alertes levées par des ONG et autres associations environnementales et sociales, mais pour autant, cela ne provoque pas de sursaut au niveau du système S5 qui changerait la manière de piloter l’ensemble. C’est comme si l’organisme, ou sa tête, était endormi (impossible de réagir vite) et enkylosé (impossible de faire des mouvement de grande ampleur pour s’éloigner de ce qui lui nuit).
Conclusion
Cette analyse rapide du fonctionnement d’un état industrialisé montre bien où se trouve les intérêts d’une société qui semble à un niveau de développement Spirale Dynamique (SD) Orange : la préservation des intérêts financiers des uns et des autres (citoyens, privé, public) ainsi que le respect de la loi (préservation de la situation actuelle).
On note une faiblesse structurelle dans l’anticipation des évolutions de l’environnement (ressources, énergie, biodiversité, climat, pollution, etc.), qui conduit très logiquement à l’absence d’évolution des sous-systèmes pour s’adapter à ces changements (hormis le climat, et encore sa prise en charge se fait-elle encore dans le paradigme S5 Orange du maintien à tout prix des intérêts financiers en jeux, ce qui explique probablement le greenwashing régulièrement décrié par certains).