Le Viable System Model est un modèle systémique décrivant un système viable, c’est à dire capable de s’adapter aux évolutions de son environnement (dans la mesure de sa capacité de résilience). Inspiré du fonctionnement des organismes vivants (notamment système nerveux), il décrit un système récursif où chaque décision est déléguée au plus bas niveau possible, avec une supervision de niveaux supérieurs, le tout contrebalancé avec la prise en compte des évolutions futures anticipées de l’environnement, dans le respect de principes supérieurs (ethos dans le modèle).

Fonctionnement du VSM
Origines
La loi systémique sous-tendant tout le VSM est celle de la Variété Requise de Ross Ashby : pour qu’un système puisse contrôler un autre système, le premier doit avoir une variété au moins égale à celle du deuxième.
En termes plus concrets, il faut donc qu’un système “colle” le plus possible à son environnement pour pouvoir espérer le contrôler (ou y répondre) le mieux possible. C’est pour cela que le VSM repousse la prise de décision le plus bas possible dans la récursivité, et ne permet la prise de décision à un niveau plus élevé que lorsqu’il existe une variété qui n’a pas pu être contrôlée.
Fonctionnement des sous-systèmes
Généralités
Le VSM est composé, récursivement, de 6 sous-systèmes en interactions les uns avec les autres, que l’on retrouve à tous les niveaux récursifs.
En première approche, on pourra considérer le schéma simplifié suivant (ci-contre) :
- un Environnement avec lequel le VSM interagit par le biais...
- d’activités Opérationnelles (S1s), lesquelles...
- sont organisées et gérées par un ensemble d’activités de Management (S2 à S5), en prise avec les évolutions futures de l’Environnement

Décomposition
La décompositions des trois blocs précédents (Environnement, Opérations, Management) s’effectue comme suit :
- l’Environnement est décomposé en plusieurs parties :
- des sous-parties avec lesquelles le VSM interagit actuellement
- une sous-partie correspondant à l’évolution anticipée de cet environnement dans le futur
- le sous-système S1 correspond aux activités Opérationnelles du VSM, en interaction avec l’environnement actuel. On constate que ce sous-système S1 se décompose lui-même en sous-systèmes qui sont des VSM complets de niveau récursif inférieur
- l’ensemble des activités correspondant au Management du VSM consistent en :
- S2: récupérer des informations de la part de S1 afin de prendre des décisions éclairées
- S3: Gérer le fonctionnement des opérations S1
- S4: Surveiller les évolutions futures de l’environnement et informer S3 des changements à effectuer dans les Opérations S1
- S5: surveiller le VSM dans son ensemble pour s’assurer qu’il respecte bien sa finalité, donc contrôler les interactions entre S4 et S3
- S3*: effectuer des “audits” impromptus de S1 pour s’assurer que ce qui remonte par la signalisation S2 correspond bien à la réalité
Utilité des canaux de communication
Les interactions entre les différentes parties du VSM s’effectuent au-travers de canaux de communication (en chiffres romains sur le schéma Wikipedia du haut) :
- Canal I : descente des ordres et décisions depuis S3 vers les Opérations
- Canal II : remontées de demandes de ressources et des négociations de moyens entre les différents sous-systèmes S1, à décider par S3
- Canal III : les interactions (fortes mais flexibles, d’où la représentation en zig-zag) entre les différents sous-systèmes S1, pour se coordonner dans leurs interactions avec l’Environnement (dans une entreprise, ce serait afin d’offrir le meilleur “service” à ses clients)
- Canal IV : échanges au sein de l’environnement ; pas à proprement parler un élément du VSM, mais il doit être connu pour être pris en compte dans celui-ci