Le but de cette partie est d'analyser la situation actuelle, avec les limites auxquelles nous allons être confrontés, et imaginer à quoi pourrait ressembler le monde de demain post-transition, c'est à dire:
Une remarque concernant le focus sur "la société thermo-industrielle". La vie humaine sur terre existe sous de multiples formes, chacune plus ou moins impactée par les changements géophysiques à venir. Il sera question ici de plutôt tenir compte :
de l'épuisement des ressources permettant le fonctionnement de la société thermo-industrielle, car elle nous apparaît comme la plus fragile et probablement la moins résiliente (dans sa forme actuelle) à un épuisement des ressources non-renouvelables (énergie, terres rares, etc.) ou l'épuisement des ressources renouvelables sur-exploitées.
du changement climatique qui impactera son fonctionnement.
Toutefois, nous tâcherons de ne pas écarter l'aspect systémique de la planète (étudier les problèmes séparément les uns des autres, pour intéressant que cela puisse être, ne saurait être réaliste puisque partiel) et des conséquences des boulversements à venir. En effet, si le changement climatique impactera sans doute tout le globe, certaines populations les plus touchées (zones côtières soumises à la montée des eaux, zones chaudes et/ou humides devenant physiquement invivables) vont nécessairement chercher à migrer vers des zones plus habitables, entrant par là-même en compétition avec les populations déjà installées, tant sur les aspects énergétiques que d'habitat, de nourriture ou de culture. On peut imaginer que les ressources (agricoles par exemple) puissent être étendues (mise en culture de zones auparavant sauvages), mais il faut également mettre en balance le besoin de surfaces à aménager pour les habitations, et l'installation des infrastructures correspondantes (gestion de l'eau, de la dépollution, routes, commerces, etc.) ainsi possiblement qu'une compétition entre la nécessité de préserver une ressource boisée (biodiversité, matériau de construction, voire chauffage pour certains) et l'utilisation de cette ressource ou son emplacement pour la population.
Nous tâcherons alors de diviser cette partie en deux :
une analyse systémique "statique" où l'effondrement et la vie sous contrainte de ressources limitées sera analysée, hors problématiques migratoires. L'idée est d'imaginer à quoi ressemblera la vie post-industrielle, en tout cas sans l'énergie abondante et peu chère que nous connaissons actuellement, et sans l'abondance des matières premières que nous surexploitons grâce à cette énergie.
une analyse systémique "dynamique" où les migrations de populations seront ajoutées à l'image statique précédente pour tenter d'en imaginer les impacts pendant voire après la transition. Toutefois, cette analyse ne peut être que macroscopique et avec un faible niveau de confiance. En effet, la quantité et l'origine des populations ne sauraient être prédites avec précision:
une analyse de viabilité du système actuel qui confrontera le modèle de notre société actuelle avec un modèle de viabilité (le Viable System Model de Stafford Beer) afin d'identifier les manques qui rendent notre modèle vulnérables aux aléas du futur (et du présent aussi, d'ailleurs).